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sexta-feira, 2 de novembro de 2012
quarta-feira, 3 de outubro de 2012
La feijoada du bandejão
Le terme "bandera" (plateau) a donné lieu à un certain nombre de dérivés entrés dans la langue courante estudiantine : le substantif "bandejão" (restau U) ; le verbe "bandejar" (fait d'aller manger au bandejão, ce qui peut avoir lieu le midi ou le soir, mais pas le week-end, alors que j'ai entendu dire que certains bandejãos allaient jusqu'à proposer le petit dej' le dimanche matin !)
Le prix est au-delà de toute concurrence : R$2 par repas, gratuité pour les boursiers, avec immanquablement le "arroz e feijão" (riz et haricot), un plat de viande ou de poisson, du pain, de la salade, un dessert, des jus de fruits à volonté, du café à la sortie (pour donner une idée, le café est à R$1,20 à la cafet' de l'institut de philo, le pão des queijo à R$2, et il est difficile de trouver des jus de fruits naturels à moins de R$3). Je crois qu'il est possible de se resservir autant de fois qu'on le juge nécessaire, mais je n'ai pas encore tenté cette expérience probablement suicidaire s'il s'agit de faire quelque chose ensuite requérant de se déplacer. Il est également possible d'aller dans l'un des deux autres bandejãos qui, plus chics, proposent de vraies assiettes. Ce qui revient à tout mélanger avant même d'avoir commencé à manger, et je suis un peu snob pour ça, même si c'est également habituel dans les nombreux buffets au poids que l'on trouve un peu partout.
Vendredi dernier, déjeuner et dîner, c'était feijoada, événement absolument immanquable dont parlait toute l'université. J'avais mangé ma première feijoada brésilienne le lundi précédant, mais elle était végétarienne, il me fallait bien passer par cette étape importante de l'intégration à la culture brésilienne. J'ai survécu, un peu plus lourde après seulement.
segunda-feira, 24 de setembro de 2012
Barão Geraldo #1
Les lundi, mardi et mercredi matins, je vais à la fac à pied. Ce n'est pas très long, une demi-heure tout au plus, et je dois passer par la route de terre qui longe le quartier de Vila São João, puis marcher entre les arbres qui occupe le terre-plein d'une longue rue toute droite. Il y a un ypê jaune dont les fleurs tombées à terre font un tapis jaune ; aujourd'hui il a grêlé (mon premier orage, avec éclair et gens se précipitant à la fenêtre pour voir le ciel tomber) et je ne sais pas comment les fleurs seront demain. Des fleurs d'hiver... que peut être le printemps ?
Juste à côté de ma maison, un grand palmier tout droit et un immense cactus qui semble agiter les bras à son intention. Au fond, des fils électriques, qui parfois pendent jusqu'au sol sans que les gens ne s'en préoccupent plus que lorsqu'il s'agit de les éviter. Ce n'est pas visible sur la photo, mais la personne a qui appartient la maison sur la droite lave le trottoir devant chez elle, à grande eau, tous les matins. Il est heureux que les fils électriques ne pendent pas jusque là. Dans ma rue, les gens se contentent de passer le balais.
Juste à côté de ma maison, un grand palmier tout droit et un immense cactus qui semble agiter les bras à son intention. Au fond, des fils électriques, qui parfois pendent jusqu'au sol sans que les gens ne s'en préoccupent plus que lorsqu'il s'agit de les éviter. Ce n'est pas visible sur la photo, mais la personne a qui appartient la maison sur la droite lave le trottoir devant chez elle, à grande eau, tous les matins. Il est heureux que les fils électriques ne pendent pas jusque là. Dans ma rue, les gens se contentent de passer le balais.
Je me perds encore sur le campus. Ceci n'en est que la version réduite, où il est facile de se rendre compte que je ne fréquente guère que la partie située à gauche de l'image. Les sciences humaines sont regroupées, art, philo et littérature côte-à-côte ; un peu plus loin déjà les langues ; et un peu plus loin encore, l'éducation.
J'ai tout de même fini par avoir une idée assez juste de tout ce qui se trouve au niveau du premier cercle. Le problème survient lorsqu'il s'agit de prendre la route qui s'engage vers le fond de la photo, et qui (l'image ne le dit pas) longe l'institut de biologie. Par là-bas, c'est le grand mystère, immense, avec ses banques et sa place de la paix, son hôpital et ses services étranges dont je ne suis pas parvenue à comprendre l'emploi, la dernière fois où cherchant désespérément la banque du Brésil, je me suis égarée en ces contrées inconnues.
Un challenge avant la fin du semestre : ne plus se perdre dans Unicamp ?
| Le coucher de soleil, un mardi soir où je sortais de mon cours à la Faculdade de Educação. J'ai eu de la chance, d'habitude le soleil disparaît si vite qu'il n'est pas possible de s'en rendre compte. |
terça-feira, 11 de setembro de 2012
São Paulo #3 (sculptures)
Dans le Parque da Luz, à côté de la Pinacoteca et en face du Museu da Lingua Porguesa, j'ai trouvé un immense collier de céramique.
À part ça, j'ai l'impression que les homo sont plus visibles, mais c'est peut-être jusque que les gens en général se tripotent et s'embrassent plus. Lors de la fête de la Beira Vaca j'ai pu observer un jeune couple qui suivait la foule dansante et avinée sans décoller leurs lèvres (et leurs corps) ; je ne suis pas parvenue à comprendre comment ils arrivaient à translater ainsi avec une telle grâce, sans avoir l'air de crabes. Ça doit être une caractéristique brésilienne.
domingo, 9 de setembro de 2012
São Paulo #2 (Parque Ibirapuera)
J'ai lu quelque part dans Memories, Dreams, Reflections de Jung que la croyance en des êtres extra-planétaires viendrait contrebalancer l'absence de spiritualité de nos sociétés occidentales. Le Brésil semble avoir décidé d'y remédier jusque dans son architecture - même si de ce que j'ai entendu jusqu'à présent (Ubanda, Candomblé et d'autres croyances et superstitions populaires encore) la spiritualité ne fait pas défaut. Mais peut-être que São Paulo n'est pas autant perméable à ce genre de cérémonies que les villes "do interior" ? Le São Paulo officiel tout au moins, celui que l'on croise, comme ce bâtiment impromptu, au milieu du parc Ibirapuera : middle-class, courant un après-midi de semaine pour se maintenir en forme, mais allant aussi s'étendre au pied d'un palmier, encore en costard, pour siester une pause.
Le Musée d'Art Moderne était fermé parce que l'exposition de la semaine suivante était en cours d'installation. J'ai bu un jus de Maracuja. Le temps s'est suspendu un instant pour que je puisse m'asseoir contre un arbre et penser à ce qu'il conviendrait de faire ensuite.
| Os Gemeos |
J'ai donc fini par trouver le parc, après avoir questionné quelqu'un qui a tenté de me dissuader d'y aller à pied. La voiture a le même effet d'allongement des distances que le métro : l'heure de marche qu'il m'avait indiqué s'est muée en une petite demi-heure, mais il faisait chaud et la route était droite, j'ai été soulagée de pouvoir enfin parcourir des allées un peu moins rectilignes et plus ombragées. Moins bruyantes aussi, moins mouvementées, moins largement peu humaines. Les jets d'eau étaient impressionnant de hauteur. L'eau ne manque pas ; en tout cas à Barão Geraldo les gens ne s'en préoccupent pas lorsqu'il s'agit de laver leurs voitures, et São Paulo est réputé pour l'humidité de son climat - les nuages, pourtant, étaient peu présents lors de mes quelques jours de visite.
Le Musée d'Art Moderne était fermé parce que l'exposition de la semaine suivante était en cours d'installation. J'ai bu un jus de Maracuja. Le temps s'est suspendu un instant pour que je puisse m'asseoir contre un arbre et penser à ce qu'il conviendrait de faire ensuite.
sábado, 8 de setembro de 2012
São Paulo #1
Les "orelhões" (qu'on qualifierait en France de cabines téléphoniques si l'espèce n'était pas en voix d'extinction) de São Paulo sont imaginativement décorés. Personnellement, je n'irais pas me glisser là-dedans pour passer un coup de fil, à moins d'avoir quelque chose à expier (j'en choisirais plutôt un avec des petites fleurs ou de sautillants coeurs rouges). Mais c'est celui-ci qui s'est retrouvé en photo, posant devant les buildings de l'avenida Paulista.
Comme dans Pretinha de Seu Jorge, j'ai loupé un rendez-vous quand je suis allée passer quatre jours à São Paulo. Je ne sais pas si ça aurait pu changer le cours de mon existence, mais je ne crois pas, la ville était trop grande pour que je puisse prendre le risque de m'y perdre sentimentalement : il est déjà trop facile de s'y perdre physiquement. Mon genoux a failli disparaître dans les craquements du plancher de la salle de la Casa Jaya où j'ai dansé en rond une danse indigène. Et puis mes habitudes de parisienne ne m'avait pas préparée à une ville dépourvue de carte, fut-elle perpendiculairement organisée - et dont les distances, non plus, ne sont pas les mêmes. S'engager dans une rue revient à y marcher des heures en droite ligne, en tombant parfois au petit bonheur sur un musée de l'image et du son, ou sur une exposition de félines photos de célébrités hollywoodiennes.
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| Jane Fonda para Willy Rozzi |
J'ai aussi vu des Converses pelées comme des oranges [Ana Linnemann].
Des dessins du Corbusier qui proposait, en 1929, d'urbaniser São Paulo en y entrecroisant d'énormes viaducs habitables.
Le parc Ibirapuera dont les jets d'eau s'élèvent à des dizaines de mètres de hauteur.
Des gens, dans le métro, qui faisaient la gueule comme tout citoyen d'une grande métropole.
Un quartier rassemblant exclusivement des concessionnaires automobiles.
Un immense collier en perles de céramiques dégringolant d'un arbre comme le font ici les branches-racines des ceringueiras.
J'ai mangé des pastéis fourrés au palmier et des crêpes de tapioca, bu du jus de canne à sucre, dégusté un açai na tigela.
Je suis allée au mercado central, plus petit mais aux allées plus amples que celui de Belo Horizonte, un peu plus chic aussi, mais toujours rempli de stands entassés les uns à côtés des autres, vendant viande, fromage, haricots, herbes, dans de petits paquets ou de grands sacs de toiles.
J'ai vu la praça da Sé, dans le centre, les myriades de gens qui dormaient sur et sous des bouts de carton, en pleine après-midi, sans écouter un prédicateur amplifié par le truchement d'un groupe électrogène qui déclamait devant la cathédrale.
Je n'ai pas d'impression générale (je n'ai rien vu de São Paulo), si ce n'est le bruit et les voitures, les gens et les distances, la largeur des rues, l'avenida Paulista où il y a encore des petits commerces, un cinéma renfoncé dans un coin parce que la culture semble rare comme les tableaux de l'expo du Caravage. 11 millions d'habitants...
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