Monstra Festival (animação)
// 21 > 27 de Março // site
Cinema Francês
// 7 > 16 Outubro // site
Doclisboa
// 14 > 24 Outubro // Cinemateca, Culturgest, Sao Jorge, Londres, City Classic Alvalade // site
One of the most appealing qualities about Segovia’s classical guitar work (not to mention Ana Vidovic or even the rather spiritual Liona Boyd), is the evocation of time passing and time passed, almost expressed simultaneously in a single melody. Mark Kozelek, former chief of the Red House Painters, now in charge of Sun Kil Moon, like Segovia and so many other classical guitarists is just as much obsessed with the progression of time and its dire consequences. In the relative blink of a five to ten minute song, he often gives the impression of time slowing down. Languid tempos, songs awash with electric guitars (often distorted), deeply cinematic string sections, meditative lyrics, sad reminders of love lost and people vanished… Many of them mention places (most often name-checking his beloved San Francisco) as evocations of memories. They depict the desire to be somewhere else (or sometime else) and, when there, the desire to go back. Music for the permanently broken hearted. Timescapes of incurable nostalgia. The Portuguese would probably call it saudade.
Le
diriger – ou le transmettre. C'est en tout cas la
thèse de On the Road, puisque seule la vadrouille
auto-stoppeuse à travers les grands espaces américains semble
permettre au personnage principal, aspirant écrivain, d'écrire son
époque. Mais l'adaptation du livre de Kerouac a beau avoir trouvé
en Walter Salles l'idéal amoureux de road movies – puisqu'il
s'était déjà essayé au genre avec Carnet de Voyage en 2004
ou Central do Brasil en 1998 –, le réalisateur ne parvient
à insuffler au film qu'une nostalgie post-adolescente quelque peu
simplette, sans rendre justice à l'enthousiasme littéraire,
révolutionnaire, vivifiant et complexe de la Beat Generation.
Le réalisateur brésilien s'est adapté sans réelle nuance à
toutes les errances (bus, moto, stop ou voiture) existentialistes de
ses personnages, partis à la découverte de leur nature profonde :
qu'il s'agisse d'Ernesto Guevara se découvrant Che révolutionnaire
sur les routes de la Bolivie ; de Josué partant à la recherche
de sa famille dans le sertão brésilien ; ou de Sal
finissant enfin par se mettre à écrire, trouvant (comme Proust dont
La Recherche traverse pesamment le film), son sujet. Il n'y a
cependant pas que des mauvais côtés à ce film qui donne
nostalgiquement envie de parcourir les grands espaces américains des
années 50, et d'en redécouvrir les enflammés et désespérés
écrivains qui en furent les témoins. Le brio des envolées de
caméra laisse pantois, même si la maestria paraît parfois vaine.
Et puis l'oeuvre filmique se permet tout de même de réfléchir sur
son rapport à l'écriture : s'ouvrant sur un écran noir et une
chanson a capela, le film se clôt sur les derniers mots que
Kerouac a écrit sur le fameux rouleau où il a rédigé On The
Road d'un seul paragraphe. De
l'oral à l'écrit, de l'absence d'image à l'image de l'écriture,
avec au milieu la vie – le mouvement, la route.
Argentin
lui aussi, mais s'intéressant à la période de la dictature,
Infancia Clandestina
de Benjamin Ávila (Quinzaine des Réalisateurs) a reçu une
« standing ovation » d'une bonne quinzaine de minutes.
Basé sur l'enfance du réalisateur – qui avait du mal à retenir
ses larmes au milieu de l'enthousiasme de la salle, la suscitant
ainsi d'autant plus –, le film raconte, du point de vue d'un enfant
d'une douzaine d'année, le quotidien d'une famille de
révolutionnaire ayant choisi de risquer leur vie contre le régime
militaire (le sujet est dans l'actualité : on peut lire le
récemment paru Mapuche de Caryl Férey, roman policier lui
aussi situé sous la dictature). Relativement classique au niveau de
la narration (l'histoire d'amour entre le gamin et une jeune camarade
d'école est tout de même curieuse vu l'âge des protagonistes), et
quelque peu plombant lors des scènes émotionnelles (au ralenti), le
film peu faire penser à une copie rajeunie d'À bout de course
de Sidney Lumett, River Phoenix malheureusement en moins. Infancia
Clandestina bénéficie cependant d'une certaine inventivité
graphique : les rêves, fantasmes et souvenirs lointains de
l'enfant sont en effet présentés en animation, dans un saccadé
habilement impressionniste. Et surtout, certains dialogues, notamment
ceux mettant en scène l'oncle Beto (Ernesto Alterio) sont de vrais
pépites : depuis la gouaille rageuse dans ses échanges sur la
conception de la vie que doit mener un révolutionnaire (profiter de
la vie tant qu'elle est là), jusqu'à ses délicats conseils à son
neveu quant à la façon de savourer les filles (comme des
cacahouètes au chocolat). Dommage que, pour le coup, la musique y
soit aussi prégnante...